Ce poème est un hymne à la cuisine française, qui subit l'invasion étrangère de type impérialiste (malbouffe américaine) comme migratoire (kebabs...). On pourrait le résumer en ce sympathique slogan: "ni kebab ni burger, vive le jambon-beurre!" Lisez, et choisissez!

   

Le repas du guerrier

   

   

Le moral du mortel est au fond de l’assiette,

Et l’appétit vorace un signe de santé.

Aussi en douce France, honnie soit la disette

Et bénis soient gibiers, terrines et pâtés.

De tout temps le Français a exprimé sa gloire

En faisant de sa terre une tablée amie,

Et remerciant le Ciel en se servant à boire,

Il a par son palais vaincu maints ennemis.

Jamais le fier Gaulois n’a trempé sa moustache

Dans un chaudron anglais ou un plat ottoman,

Car les lourds sangliers découpés à la hache

Ont fait de nos châteaux les palais des gourmands !

Alors qu'ont donc les fils de ces glorieux ancêtres

Qui de jambons et vins firent notre héritage ?

Ils semblent dédaigner ces mets dignes d’un maître

Pour bâfrer la pâtée d’un étranger sauvage !

Les verres qui jadis brillaient d’un pourpre éclat

Et réjouissaient l’âme après d’âpres batailles,

Sont désormais emplis d’un noirâtre « cola »

Qui n’a point de tanins et se boit à la paille !

Les pièces de gibier, sangliers et chevreuils

Ont déserté les feux : place à la viande arabe !

Malheur à l’insolent qui franchirait mon seuil

En salissant ses mains d’un dégoûtant « kebab » !

Qu’eût dit Pantagruel face aux usurpateurs

Qui, en fait de festins, le nourriraient ainsi ?

Il les aurait pendus comme on fait des voleurs,

« Le cochon est français, le vin est maître ici ! »

Alors petit enfant, lave ton écuelle

De l’infâme mixture souillant ton palais ;

Tes aïeux ont souffert pour que ton goût rebelle

Aime ce qu’ils aimèrent : un repas français !

 

   

    

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