Si l’on pouvait hiérarchiser les maux dont souffre l’humanité selon leur horreur (et donc les peines encourues par leurs auteurs), c’est sans nul doute le révisionnisme qui emporterait la triste palme du vainqueur. Le Joyeux Rebelle, soucieux d’expliquer à ses lecteurs cette apparente - mais irréelle !- disproportion, a tranché le bout de sa plume pour faire entendre la bonne parole…

Lamentations

   

Permettez, doux amis, que je vous mette en garde

Contre un Mal si sournois que ma plume en défaille.

La pudeur eût voulu que nul ne se hasarde

A évoquer en vers cet ennemi de taille.   

Si la mort dans le cœur, je pointe l’immondice,

N’y voyez point celé un quelconque plaisir,

Car le souci de paix et la soif de justice

Sont les uniques causes d’emploi de ma lyre.

Mais venons-en au fait que, Muse vengeresse,

Tu m’inspires soudain : ce Mal insoutenable,

Est-ce la maladie qui vers la mort nous presse ?

Que nenni ! C’est bien pis qu’un virus redoutable !

Est-ce alors quelque crime qu’un vil assassin

Perpètre dans la nuit chez les honnêtes gens ?

Fi ! Un meurtre ou un viol sont de menus larcins

En regard de ce Mal chaque jour plus rageant !   

S’agit-il de la guerre, dont l’effet dévaste

Les pays et les peuples ? Est-ce enfin la misère

Qui transforme le monde en un charnier si vaste ?

Non, le Mal que je vois dépasse cette terre…

Les obscurs criminels qui me font tant frémir

Sont coupables d’esprit, d’opinion, de pensée :

Ils oublient sans ciller le seul peuple martyr

D’un régime lointain conjugué au passé…

Ils osent ignorer la Loi du Saint Calcul

Qui fit de "six millions" un nombre consacré,

Loin des mille milliards, chiffre si ridicule !

D’innocents sans valeur par la Mort attirés.

Comprenez mon dégoût de tels agissements,

La seule dignité exigeait que j’en eusse !

Pour ces monstres, j’exige l’embastillement

Car la liberté coûte le prix d’un prépuce…

 

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