Les Irlandais avaient dit « non » au traité de Lisbonne ; nos dirigeants bruxellois ont patiemment attendu que la verte Erin s’enfonce dans la crise et se sont posés en sauveurs… Le piège a fonctionné et le Joyeux Rebelle le regrette, dénonçant cette mascarade comme l’aurait sans doute fait (avec plus de talent) un La Fontaine.

         

Le renard et le poulailler

   

Des poules gambadaient gaiement dans la broussaille,

Leurs plumes duvetées voletant sur la paille.

Autour de leur logis, une grande clôture

Empêchait les renards d’en faire leur pâture.

Elles chantaient le jour, elles pondaient la nuit,

Et jamais dans leur vie n’intervenait l’ennui.

Un matin un renard approcha de ce fief

Et d’une voix mielleuse il entretint leur chef :

« Joli coq » lui dit-il, « vous ignorez sans doute

Que d’autres bergeries nous offrent notre croûte !

Ouvrez votre barrière, unifions nos espèces

Car si vous refusez, craignez qu’on vous dépèce ! »

Le coq rit aux éclats, et le peuple des poules

Caqueta au goupil la volonté des foules.

Un bel œuf envoyé par la plus malicieuse

Fit s’enfuir l’importun, la mine peu radieuse.

Mais la famine un jour apparut en ces lieux,

Rendant le coq inquiet et ses sujets soucieux.

Et le rusé renard fit soudain son retour

En parant ses propos des plus jolis atours.

« Voyez » susurrait-il, « vos mines efflanquées !

Vos sœurs dans nos contrées se gavent de banquets,

Joignons donc nos efforts pour vaincre la disette ! »

Et les volailles buvant ses mots malhonnêtes

Firent à sa requête un accueil chaleureux...

La porte s’ouvrit sur le peuple tout heureux

Qui fit fête au renard. Lui aiguisa ses crocs

Et remerciant ses proies, il leur brisa les os.

La morale est limpide : un refus populaire

Est aisé à trahir quand survient la misère.

Si la démocratie était si vertueuse,

Les poules de ma fable seraient plus heureuses !

 

   

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