Le fameux débat sur « l’identité nationale » a été lancé il y a quelques jours, par un socialiste rallié à l’UMP. Par un des acteurs de la construction européenne, au détriment des nations et des identités, justement. Curieux paradoxe qui vaut bien le ton acerbe de ce poème, la conclusion étant bien sûr à prendre au second degré (ou au troisième, selon vos idées politiques !)…

Une question d’identité

 

Avez-vous déjà vu un dindon priser l’art,

Ou un pin parasol parler gastronomie ?

Vous me l’accorderez, ces faits sont plutôt rares,

Mais pourtant moins abscons que cette antinomie !

C’est sans doute l’humour qui poussa mon héros

A « lancer un débat sur notre identité » ;

Car comment, sans sourire, un illustre blaireau

Pourrait-il s’ériger chantre de nos cités ?

On le croyait à gauche, et le voilà tribord !

Seraient-ce les effets d’un puissant vent contraire ?

Ou ceux des sublimes trahisons sans remords

Qui en démocratie, relancent les carrières ?

Qu’il soit l’autre ou bien l’un, que dire en vérité,

Sinon que pour un traître euro-fédéraliste,

Prononcer les beaux noms « nation », « identité »

Est rien moins qu’une insulte aux relents nihilistes ?

On parle de « nation » tout en violant l’Irlande,

On crie « identité ! » du haut des minarets !

Ces deux mots sont trop purs pour que je les entende

Dans les bouches qui n’y voient que leurs intérêts.

Rappelle-toi Besson, que le dernier humain

A avoir enlacé « social » et « national »

A bien mal terminé son délicat chemin ;

Or lui, il y croyait ! Pourtant c’était le « Mal »…

 

 

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